VIN

Rosé
Patrick Fievez

Pas uniquement des vins d’apéritif, ‘de piscine’

A table en accompagnement de nombreux plats, les rosés peuvent aussi révéler typicité, caractère et même potentiel de garde

 

Les vins rosés progressent toujours leurs ventes, en consommation privée mais aussi en Horeca, même celle-ci reste encore tributaire de la météo. Pas sûr que cette année sera un grand millésime au vu des températures estivales que nous avons subies. L’actualité nous fait découvrir une association qui souhaite promouvoir les rosés ‘de terroirs’ dont la finalité est de démontrer que certains vins de cette couleur offrent un style, un caractère, un potentiel de garde, différent de ceux souvent qualifiés ‘de piscine’. Et aussi, que les rosés ne sont pas seulement des vins d’apéritif. Qu’ils peuvent également présenter une réelle alternative comme accompagnement de nombreux plats.

‘Rosés de terroirs, unissons-nous’

En février 2020, Tavel, Cru rhodanien depuis1936, lançait cet appel qui fut fondateur d’une nouvelle association, celle des ‘Rosés de Terroirs’. Estimant que le rosé est aujourd’hui devenu un vin à part entière – et non un vin ‘bâtard’ comme le proclament encore ses détracteurs – la jeune association constate toutefois qu’elle doit encore se faire une place dans l’univers des vins de terroirs. L’idée des producteurs de Tavel fait des émules. Et en mars de cette année, l’ ‘Association Internationale des Rosés de Terroirs’ voit le jour. Elle est créée par quelques dizaines de vignerons de différentes appellations. Outre celle de Tavel (représentée par dix producteurs et trois caves coopératives), on retrouve celles de Bandol, Côtes de Provence, Côtes de Toul, Costières de Nîmes, Faugères, Rosé des Riceys et l’italienne Bardolino Chiaretto. Le but est de créer une émulation pour ce style et d’élaborer des cuvées originales qui sortent des normes. Ce collectif pionnier invite désormais les créateurs de ‘rosés de terroirs’ du monde entier à la rejoindre. Et on peut songer à d’autres appellations qui évoluent dans le même sens. Par exemple, le Bordeaux Clairet, le Collioure du Roussillon, le Marsannay bourguignon, le Cerasuolo d’Abruzzo en Italie, certain rosés du Portugal, la confidentielle appellation espagnole de Castilla-Leon, Cigales. Une dégustation de cooptation aura lieu en novembre. Des cuvées seront alors sélectionnées et bénéficieront d’une promotion dès janvier 2022. Mais quels sont les critères pour faire partie de cette Association ? Les vins doivent être d’une grande diversité (sa couleur, son goût), raconter une histoire liée à son lieu de naissance et à la personnalité, le talent, du producteur. Ils doivent également avoir un an minimum d’âge, ce qui exclut la majorité des vins rosés, ceux qui sont à boire dans l’année.

‘La majorité des restaurateurs croit à l’intérêt croissant pour les rosés de terroirs’

Y a-t-il une demande de la part des consommateurs et des professionnels de la restauration pour ce type de rosés ? A cette question, la réponse de Jérémy Arnaud, dirigeant fondateur de l’Association : « On semble percevoir un frémissement de la part de consommateurs qui attendent d’autres offres pour les vins rosés. Et parmi les chefs interrogés, on constate un intérêt pour ce type de vin qui pourrait les inciter à de nouveaux accords avec leurs créations culinaires. En général, ils sont très réceptifs pour tout ce qui apporte de la nouveauté dans l’univers du vin. Certains même, ceux de la nouvelle génération, sont ‘fous furieux’ des rosés de terroirs. Mais si le mot ‘terroir’ crédibilise les rosés, ceux-ci doivent faire la preuve de leur différence par de vieux millésimes par exemple ».

‘Food & Rosé Selection’ 2021 : quand le rosé se met à table

Déguster ‘à l’aveugle’ les vins rosés sélectionnés (médaillés) au Concours Mondial de Bruxelles en accord avec huit types de plats présentés par un chef. Voilà l’exercice que nous venons de pratiquer à L’Aquila, dans la région italienne des Abruzzes où est situé un des meilleurs rosés du pays, le Cerasuolo d’Abruzzo. D’abord dégustés sans accompagnement, les meilleurs furent retenus en anticipant l’accord qui nous était attribué parmi la palette des propositions retenues : tapas, poissons crus, poissons cuisinés, charcuteries, viandes cuisinées, préparations épicées, fromages et desserts. Que retenir de cette dégustation singulière ? Tout d’abord, l’éclectisme des rosés présentés en provenance de huit pays européens. La France remporte la première place dans cinq catégories. Avec les tapas (Cellier de Marrenon, cuvée ‘Petula’, Luberon), les poissons crus (Gardian grenache-cinsault, IGP Côtes de Béziers), les poissons cuits (Rosé d’une nuit, Sasu Fonjoya Delta (Languedoc Saint Saturnin), les charcuteries (Bordeaux rosé, Producta Vignobles) et les desserts (Pineau des Charentes rosé, Raymond Bossis). L’Italie arrive première avec les viandes cuisinées (brochette d’agneau et bœuf à l’huile d’olive) avec un Cerasuolo d’Abruzzo, ‘Karma’ de l’Azienda Agricola Chiusa Grande qui fit l’unanimité du jury. Un vin espagnol, Casa de Llana Alma rosé de la DO Ribera del Jucar (Castilla la Mancha), a convaincu le jury pour accompagner des préparations épicées. La Bulgarie remporte l’accord avec les fromages grâce au Quantum rosé pinot noir-syrah (Domaine Boyar). Et la Provence, appellation phare du rosé, référence mondiale même ? Un Côtes de Provence se place en deuxième position en accord avec les poissons cuisinés. Et c’est tout… Le rosé provençal ne serait-il qu’un vin d’apéritif ?

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