REPORTAGE

Bière sans alcool
Walter Briers

Bière sans alcool ?
Branché et tendance

L’alcool. Certains ne peuvent malheureusement pas s’en passer, d’autres le trouvent simplement bon et peuvent l’apprécier, avec modération. Pourtant, il existe d’excellentes alternatives. Les bières sans alcool par exemple.

Durant les fêtes de fin d’année, nous accompagnons les nombreux plats délicieux de plusieurs verres d’alcool. En janvier, lors des réceptions, on se souhaite une bonne santé, bien sûr avec… de l’alcool. Le mois de février est, quant à lui, de plus en plus souvent celui de la pause en matière de consommation d’alcool. Coïncidence ou pas, c’est aussi le mois le plus court de l’année.

Cette année, Tournée Minérale sera organisée pour la sixième fois. Bon nombre d’entre nous choisiront donc de dire non à l’alcool pendant un mois. Pour certains, même ces 28 jours paraitront beaucoup trop longs, alors que d’autres décideront de mener une vie plus sobre par la suite. Et pour ce faire, il existe diverses alternatives à l’alcool que l’on qualifie de plus en plus souvent de branchées. Il suffit de penser aux bières sans alcool.

Les accises

En guise de preuve, voici quelques chiffres : dans le rapport annuel des Brasseurs Belges, on peut lire qu’en 2016, les recettes d’accises pour les boissons sans alcool ont presque doublé. Bien sûr, ces chiffres ne concernent pas seulement les bières sans alcool, mais force est toutefois de constater que c’est au cours de cette année 2016 que les bières sans alcool pour février 2017, première édition de Tournée Minérale, ont été brassées.

Qui plus est, au cours des cinq dernières années, la production de bières sans alcool n’a cessé d’augmenter. En 2020, les droits d’accises payés sur les boissons sans alcool ont dépassé pour la première fois les droits d’accises sur la bière. D’accord, la pandémie et la fermeture du secteur Horeca qui l’a accompagnée ont certainement joué un rôle dans ce domaine.

Au départ, la bière sans alcool était quelque peu méprisée, surtout par les vrais buveurs de bière. Mais elle est rapidement devenue une excellente alternative pour beaucoup. Et les brasseurs répondent à cette tendance : la gamme s’élargit chaque année et les saveurs ne font que s’améliorer. Ceux qui renoncent à l’alcool pendant un certain temps ou qui se portent volontaires pour faire office de Bob lors d’une fête, optent de plus en plus souvent pour la bière sans alcool.

Mais est-ce de la bière ?

La bière sans alcool gagne donc en popularité, mais de quoi s’agit-il en fait, comment l’élabore-t-on et est-ce bien de la bière ? Commençons par la dernière question : oui, la bière sans alcool est bien de la bière parce qu’elle est brassée exactement de la même manière que les autres bières. En clair, pour obtenir de l’alcool, il faut des sucres. Ceux-ci sont obtenus en faisant bouillir le malt moulu, base de la bière, ce qui transforme l’amidon en sucres. En ajoutant de la levure, ces sucres se transforment en alcool et en dioxyde de carbone. Il existe plusieurs façons d’obtenir de la bière sans alcool, mais en résumé : soit on empêche la production d’alcool, soit on extrait l’alcool de la bière. La première méthode consiste à filtrer tous les sucres fermentescibles de la bière. Pas de sucres signifie automatiquement pas d’alcool. Pour la seconde option, la bière passe par tout le processus de brassage, mais à la fin, le brasseur fera évaporer l’alcool de la bière par distillation. Le filtrage est un processus coûteux, quant à la distillation, celle-ci affecte l’arôme de la bière, mais cela peut éventuellement être ajusté.

Les bières sans alcool les plus connues sont indubitablement nos pils : Jupiler, Maes et Stella Artois. Tout aussi appréciées sont quelques bières spéciales sans alcool, parmi lesquelles la Sportzot de la brasserie De Halve Maan à Bruges que l’on ne présente plus. À Thimister, nous avons goûté la Bière des Amis 0,0 % qui nous a plu tout autant que sa robuste sœur. Quant à la Palm 0,0 % et la Leffe Blonde 0,0 %, elles non plus ne sont pas en reste. Tout comme chez nous, l’offre de bières sans alcool se développe également à l’étranger. Nous avons choisi la Carlsberg 0,0 % dans les rayons et l’avons trouvée très rafraîchissante et savoureuse. Et à Munich l’été dernier, nous avons bu de la Franziskaner Weissbier 0,0 %. Une très bonne bière que, moyennent un peu d’effort, vous pouvez également trouver ici.

Une autre possibilité consiste à mélanger la bière avec une boisson non alcoolisée. Un bon exemple en est la Radler, très populaire en Allemagne et en Autriche, mais qui trouve également de plus en plus d’adeptes ici, et que l’on retrouve de plus en plus souvent sur la carte parmi les bières. Veuillez noter que toutes les Radler ne sont pas exemptes d’alcool. Et le fait que la bière soit diluée avec de l’eau jusqu’à ce qu’il ne reste presque plus d’alcool est un mythe. En effet, en même temps que l’alcool, toute la saveur de votre bière disparaîtrait.

Gel hydroalcoolique

Les brasseries ont d’ailleurs intelligemment surfé sur les besoins actuels. L’alcool résiduel, qui reste après la fabrication de la bière sans alcool, est utilisé pour produire des désinfectants et des gels pour les mains.

La bière sans alcool n’est d’ailleurs jamais totalement exempte d’alcool. La loi belge est très claire à ce sujet : les bières sans alcool peuvent contenir un maximum de 0,5% d’alcool par volume. Souhaitez-vous vraiment une bière sans la moindre trace d’alcool, lisez alors bien l’étiquette.

Il existe d’ailleurs des bières à faible teneur en alcool. La loi stipule que celles-ci peuvent contenir un maximum de 1,2 % vol. A cette catégorie appartiennent notamment les bières de table. Vous les connaissez, les bières brunes de Piedboeuf par exemple, qui trônaient sur la table de grand-mère le dimanche après-midi, et que l’on servait également aux enfants. (Oui, j’appartiens à cette génération). Leur popularité a diminué et c’est dommage, car les bières de table sont vraiment bonnes et, malgré l’alcool, on prétend qu’elles sont moins nocives que les softdrinks.

Ce qui nous amène à l’aspect santé. L’alcool, et en particulier la bière, ne sont pas mauvais pour la santé, si bien sûr consommés avec modération. Il est un fait que la bière sans alcool contient beaucoup moins de calories que son homologue alcoolisé et en quantité négligeable par rapport aux softdrinks sucrés. Elle est donc automatiquement plus saine pour le corps. Et nous n’avons pas encore parlé de la sécurité au volant.

L’arôme

Les brasseries et les professionnels de l’Horeca ont également sauté dans le train du sans alcool. Jusqu’à la première édition de Tournée Minérale, la plupart des grandes brasseries avaient éventuellement une bière sans alcool dans leur assortiment. Généralement parce que le concurrent en avait également une. Il s’agissait souvent d’une bière blonde qui, soyons honnêtes, n’était pas très savoureuse et ne motivait certainement pas le consommateur à choisir une bière sans alcool plutôt qu’une boisson gazeuse.

Mais ces cinq dernières années, le marché a fortement évolué. Les brasseries sont convaincues de l’importance des bières sans alcool et accordent plus d’attention à l’arôme. Outre la pils, des bières spéciales sans alcool ont également fait leur apparition sur le marché. On vise des groupes cibles particuliers comme les sportifs. On libère des budgets marketing pour promouvoir ces bières, ce qui était à peine concevable il y a cinq ans.

Février continue d’être le mois sans alcool, et il est devenu bien plus facile de le respecter. Ceci en grande partie grâce aux brasseries qui ont élargi leur gamme de diverses bières sans alcool savoureuses. Tournée minérale ? Nous y participons, mais pas pour être tendance et branchés !

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